De longues et patientes observations auprès de populations de différentes origines géographiques m'ont permis d'établir une règle empirique qui régit l'utilisation du pronom y en français standard. N'étant pas grammairien, je me garderai bien de donner à cette règle un caractère absolu et définitif. Voyons de quoi il s'agit :

Dans une phrase, le pronom y peut être mis à la place d'un complément de lieu, ou d'un complément d'objet indirect introduit par la préposition à.

Nous retiendrons que cette règle s'applique (à ma connaissance) partout en France, sauf dans la région où habitent mes beaux-parents. Là-bas, la nouveauté, c'est que le pronom y peut aussi servir de complément d'objet direct.

Des exemples

En français et en bourguignon :

  • Je vais à la charcuterie.J'y vais. (complément de lieu)
  • Je pense à ce délicieux plat de grenouilles.J'y pense. (complément d'objet indirect)

Lorsque le complément d'objet indirect est une personne, je crois qu'on préfère utiliser le pronom personnel correspondant :

  • Je pense à ma tante.Je pense à elle.


En français, le pronom y ne peut pas être utilisé comme complément d'objet direct :

  • Je n'aime pas les betteraves rouges.Je ne les aime pas.

Chez les bourguignons que je connais, c'est un usage assez fréquent :

  • Je crains les carottes rouges.J'y crains.


Je suis assez curieux de savoir si cette utilisation du pronom y se retrouve partout en Bourgogne ou si c'est une pratique très localisée aux alentours de Roanne. Ou au contraire, rencontre-t-on des expressions similaires dans d'autres régions de France ? Vos témoignages m'intéressent.